La TVA fait peur à beaucoup d’entrepreneurs — et pourtant, une fois qu’on en comprend le mécanisme, c’est loin d’être aussi complexe qu’il y paraît. Voici les bases que tout dirigeant de TPE devrait connaître.
C’est quoi la TVA, concrètement ?
La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) est une taxe que vous collectez pour le compte de l’État auprès de vos clients, et que vous reversez ensuite au fisc — après déduction de la TVA que vous avez vous-même payée à vos fournisseurs.
En résumé : vous êtes un intermédiaire entre vos clients et l’État. La TVA n’est pas un coût pour vous, c’est une taxe que vos clients paient en réalité.
Le taux standard en France est de 20 %. Il existe des taux réduits : 10 % (restauration, travaux), 5,5 % (alimentation, livres), 2,1 % (médicaments remboursables).
La franchise en base : vous ne facturez pas de TVA
En dessous de certains seuils de chiffre d’affaires, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous n’avez pas à facturer de TVA à vos clients, et vous ne pouvez pas non plus en déduire.
Les seuils en 2025 :
- 37 500 € pour les prestataires de services
- 85 000 € pour les ventes de marchandises
Sur vos factures, vous devez alors mentionner : “TVA non applicable – article 293 B du CGI”.
Avantage : vos prix sont plus compétitifs face aux particuliers. Inconvénient : vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats professionnels.
TVA collectée et TVA déductible
Dès que vous dépassez les seuils, vous devenez assujetti à la TVA. Le principe est simple :
- TVA collectée = TVA que vous facturez à vos clients
- TVA déductible = TVA que vous avez payée à vos fournisseurs
- TVA à payer = TVA collectée − TVA déductible
Exemple : vous facturez 10 000 € HT à un client → vous collectez 2 000 € de TVA. Vous avez acheté du matériel à 1 000 € HT → vous avez payé 200 € de TVA. Vous reversez à l’État : 2 000 € − 200 € = 1 800 €.
Les régimes de déclaration
Selon votre chiffre d’affaires, vous relevez de différents régimes :
Régime réel simplifié (entre 37 500 € et 254 000 € pour les services) : une déclaration annuelle avec deux acomptes en cours d’année.
Régime réel normal (au-delà) : déclaration mensuelle ou trimestrielle selon votre TVA annuelle.
Les erreurs à éviter
Oublier de provisionner la TVA. La TVA que vous collectez ne vous appartient pas. Mettez-la de côté dès réception du paiement client.
Déduire la TVA sur des dépenses non déductibles. Certaines charges ne donnent pas droit à déduction : carburant des véhicules de tourisme, cadeaux d’affaires au-delà d’un certain montant, frais de restaurant dans certains cas.
Déclarer en retard. Les pénalités de retard s’appliquent rapidement. Notez vos échéances dans l’agenda.
La TVA est un sujet où une erreur peut coûter cher — mais bien gérée, elle ne doit pas être une source de stress. Si vous avez un doute sur votre régime ou sur la déductibilité d’une dépense, posez-nous la question. C’est exactement pour ça qu’on est là.